Vivre le deuil

 

La mort, cette fatalité qui semble maintenir le monde en équilibre, est appréhendée de manières différentes d’un bout à l’autre de la planète.
Entité aux mille visages, elle est tantôt célébrée, tantôt déplorée. Impitoyable passagère, elle laisse derrière elle des torrents de larmes, elle fait sévèrement le tri entre ceux/celles qui se relèveront et ceux/celles qui ne trouveront pas le chemin de la libération. Partie incontournable de notre vie, comment peut-on apprendre à « vivre » avec?

La mort à travers l’histoire :

Étroitement liée à la religion, elle rythme les croyances depuis la nuit des temps.
Ce qui fait partie de l’histoire influence fortement ce qu’on définit comme l’inconscient collectif. C’est dans le but de t’aider à saisir cet inconscient que j’écris ce passage sur son histoire à travers les âges.

Dans l’Égypte antique la mort est vécue comme un cycle, le soleil naît et meurt chaque jour.
On prenait soin des corps car ils n’étaient rien de plus qu’une enveloppe destinée à la vie matérielle et terrestre, tandis que l’âme immortelle  s’élevait vers un nouveau « cycle ».
Les religions telles que le taoisme, le christianisme ou encore l’islam ont contribué à familiariser les hommes avec leur condition de « mortels ».  On appelle cela le deuil partiel.

Progressivement, avec l’avancée des découvertes et une meilleure compréhension de notre biologie, nous sommes entrés dans une ère scientifique visant à expliquer la plus grande partie des phénomènes liés à notre vie. La mort prend alors un nouveau visage. Le scientifique a remplacé le religieux dans l’explication du vivant. Cette conquête légitime, oriente le monde industrialisé vers une vision matérialiste de l’existence. On se base à présent sur le prouvable nous conduisant naturellement à un certain nihilisme.
Sous cet angle « phénoménologique », l’au-delà devient de plus en plus difficile à concevoir.
La mort est là, l’au delà est discutable, il reste donc l’idée du néant. En occident essentiellement le néant est la fin de tout, du corps comme l’esprit ( héritage religieux).
C’est ici même que l’angoisse prend sa source. Pris entre nos croyances, nos émotions et le tangible. C’est le début du deuil total négatif.

 

La dernière période dans laquelle nous entrons sur la pointe des pieds est celle du deuil accompli, transcender la mort en prenant conscience du corps et de l’esprit comme deux parties intimement liées, l’intégration complète des êtres humains dans un cycle de vie et de mort en lien avec la nature et ceux qui la peuplent. A travers une conscience présente dans nos actes, nos mots et nos relations nous pouvons appréhender la mort pour ce qu’elle est, en l’excluant tout fantasme et toute angoisse.

 

Ceux qui restent :

Dès l’annonce de la mort d’une personne proche, aimée, elle semble prendre toute la place.
Son absence envahit nos têtes, nos corps, nos actions.  Nous avons du mal à saisir ce moment où tout bascule, on entend des  » hier encore il riait avec nous »,  » sa veste est toujours là où elle l’a laissée ce matin »,  » je l’entends encore me dire que… » , tout semble à sa place, tout est là. Sauf lui, elle. Le corps est encore présent, on peut le regarder, le toucher mais quelque chose s’en est allé. Notre attention se porte alors sur l’absence, le vide, l’insaisissable. Si la souffrance elle est bien là, elle est assurément doublée par notre capacité à amener notre attention sur ce qui n’est plus ou ce qui est douloureux. Cette réaction doit exister, mais elle doit également faire son temps et céder sa place pour que la vie s’installe à nouveau.
Nous sommes ceux/celles qui restent, nous sommes ceux/celles qui souffrent.

Où est alors notre place quand l'espace est envahi par la mort et l'absence?
 Quand le chagrin va si profond qu'il creuse le cœur de toute une famille, tout un groupe d'amis, comment respirer ?

La manière dont tu vas vivre ton deuil n’a rien à voir avec le fait d’être « fort.e », je dirais plutôt qu’il s’agit ici d’être « vrai.e », sois au plus proche de ce que tu expérimentes, vis le vraiment. Un deuil nié, survolé, devient un deuil non accepté qui agit tel un poison, pour le corps et l’esprit. Chacun.e de nous mérite d’être libre.  De vivre, même après le départ d’un être cher.

 

Les étapes du deuil :

Chacune des étapes suivantes sera vécue de manière très personnelle, elles n’interviennent pas forcément dans cet ordre et parfois nous revivrons une étape plusieurs fois.
L’essentiel est de garder en tête que notre quête c’est l’acceptation, que tout ce que nous vivons nous y prépare, à notre propre rythme et sans jugement.

1. Le déni

Phase 1 du déni, le choc :
Cette toute première étape que nous expérimentons tous, survient au moment de l’annonce ou du constat visuel.
Elle est très courte, le cerveau est sidéré et les fonctions ne répondent plus. Dans notre corps tout semble s’être arrêté ou aller à mille à l’heure.

Ensuite vient le déni.
Nous refusons  de croire l’information qui nous est parvenue. Lors de cette phase on se heurte à notre difficulté à appréhender la soudaineté.
 » Non je ne suis prête, elle ne m’aurait pas fait ça »,  » Je n’y crois pas, on ne meurt pas de ça! »
Nous allons entamer un dialogue intérieur rythmé par les contestations et les contradictions.  Il se joue ici quelque chose de très important, si le déni est une phase pour certains d’entre nous, il peut devenir un refuge pour d’autres. La vie peine alors à retrouver le chemin vers le cœur… des parents qui souhaiteraient garder la chambre de leur enfant intacte après sa mort,

Certaines personnes s’enferment dans cet état de déni, elles s’y réfugient  : préserver la chambre du disparu intacte, continuer à mettre son assiette à table.
Le danger ici est de ne plus pouvoir affronter la réalité des autres, de s’en créer une impénétrable et donnant toute la place à la mort. C’est refuser que la vie reprenne son cours.
Pourtant c’est ce qu’il peut nous arriver de mieux, observer la vie s’installer et nous nourrir.

 

Je prends soin de moi ou de l’autre en période de déni :
Durant cette période, les émotions sont au repos. Nous sommes coupés de la réalité pour nous protéger.
Pour t’accompagner tu peux miser sur l’huile essentielle de néroli, en olfaction elle fait appel à la partie de ton cerveau qui gère le fait  » d’aller voir plus loin », elle te pousse subtilement en avant.

2 et 3 La colère et le marchandage

C’est le moment de la confrontation avec les faits! Je choisis de ne pas séparer ces deux étapes car elles sont étroitement liées, parfois peu identifiables.
Que s’est-il passé? Pourquoi me fait-on subir ça?
Nous allons naviguer entre une profonde révolte et une grande colère, nous allons passer des pactes silencieux avec des entités invisibles  » si je promets de ne plus faire ça, peux-tu ramener les choses à la normale?  » ,  » Prends moi à sa place, je mérite de mourir pas elle! « . La colère grandissante peut même se retourner contre nous-même et la culpabilité pointe le bout de son nez, à grands coups de soupirs nous allons refaire le scénario en cherchant ce que nous aurions pu faire pour éviter ça.
Nos pensées sont agitées et nos émotions aussi. Nous voudrions hurler ou cesser de parler à jamais.
Des pulsions de vengeance peuvent  naître et se faire très violentes.
Les maux/ mots de cette passade sont : reproches, remords,  ressentiments, dégoûts, répulsion, agression

Je prends soin de moi ou de l’autre en période de colère :
Je mise sur la camomille romaine, en olfaction elle m’aide à apaiser la colère.
Je me cherche un exutoire concret et physique, un sport qui m’aide à évacuer mes pulsions. Un endroit en pleine nature pour hurler.
Une activité artistique pour faire sortir  » les démons ».

4. Tristesse et dépression
Nous avons fait un grand vers l’acceptation, notre corps tout entier le sait et le ressent. Il n’est plus possible de retourner en arrière.
Une forme de fatalité s’invite et il nous est difficile de nous projeter dans l’avenir. Aucun espoir n’est permis, la vie sera forcément moins bien qu’avant…
Ce chagrin sincère est là pour nous aider à ramener le calme dans nos émotions. La colère se tait, les pulsions de vengeances demandent une énergie que nous n’avons pas et il est grand tant de nous autoriser à nous reposer. L’hypersomnie est très caractéristique de cette étape. Quand nous dormons, nous ne souffrons pas. Le corps récupère et l’esprit a besoin de calme.

Je prends soin de moi ou de l’autre en période de tristesse et de dépression :
Pour réguler les montées de larmes et les sanglots je peux utiliser l’huile essentielle de jasmin.
Si je sens qu’une dépression est en train de s’installer je diffuse de l’huile essentielle de petit grain bigarade.

5. L’acceptation et reconstruction :

Nous sommes à nouveau capable de regarder les beaux moments partagés sans ressentir une immense douleur. Nous redevenons lucides face aux moins bons souvenirs.
La confiance envers l’avenir revient pas à pas, notre intérêt pour la vie est à nouveau présent et les projets naissent doucement.
Nous avons besoin de nous réorganiser pour avancer dans ce nouveau cycle de vie. En nous reconstruisant nous allons découvrir des ressources personnelles insoupçonnées.
Cette démarche développe la confiance en soi-même. Le sentiment de vulnérabilité fait place à une nouvelle énergie, c’est la vie qui reprend ses droits.

Je prends soin de moi ou de l’autre en période d’acceptation :
Pour bien me réconcilier avec ma nouvelle réalité, je peux compter sur l’huile essentielle de mandarine verte en olfaction également.

Le deuil à travers nos actions : 

Je suis triste, j’ai besoin de vivre cette émotion, je peux m’autoriser à me sentir désespéré.e, enseveli.e.
Quand une personne meurt elle prend avec elle une partie de ma vie que je ne retrouverai plus, elle cristallise plusieurs souvenirs.
Je peux replonger dans ces souvenirs pour y puiser de la force, de la joie, un apprentissage mais je ne peux pas m’identifier à cette perte.

Nous sommes fortement influencé.e.s par l’inconscient collectif , celui qui nous guide dans notre approche de l’enterrement par exemple.
Nous sommes en droit de nous questionner sur cette façon de dire au revoir,  de célébrer nos morts. Tous les codes mis en place autour du décès nous conviennent-ils?
Cette question est essentielle, personne ne peut attendre de nous que nous soyons vêtus de noir si cela ne nous correspond pas. Il est important d’aller chercher ce qui va réellement nous aider à traverser cette épreuve. Pour certain d’entre-nous, se rendre à un enterrement est d’une grande violence. Personne ne devrait être obligé de le faire, le deuil et la mort sont des notions intimes.
L’inconscient familial tient également sa part de responsabilités. Il y a une attente de la part de certains membres de la famille, comme si pleurer était un gage de chagrin sincère.
Pour mieux vivre nos deuils, il doit s’agir de nos deuils réellement, pas de ce qu’une autre personne aimerait voir dans nos actes et nos émotions.

Afin de m’aider pour les situations douloureuses, j’ai  recours aux rituels psycho-magiques.
J’en parle souvent dans mes articles, ils offrent une grande liberté et stimulent ta créativité. Un de mes préférés, la technique des petits bonshommes allumettes que je t’expliquais ici.

APRÈS la mort 

Je suis de celles qui n’appréhendent pas le monde en s’appuyant sur les preuves scientifiques uniquement.
Je ne crois pas que les choses se « prouvent » mais bien qu’elles « s’expérimentent », alors pour tout.e.s ceux ou celles qui se reconnaissent là dedans, ce paragraphe est pour toi.
En lisant plusieurs ouvrages de psychogénéalogie ou de psychologie classique, j’ai trouvé des propos très durs au sujet des « fantômes ».
Selon certains auteurs ou psychiatres et psychologues, percevoir une présence après un décès est signe de divagations, de mauvaise santé mentale, de fuite.
Ces quelques lignes me font sourire et j’ai envie de te dire que si tu as la chance de ressentir « l’autre monde » alors saisis-la! Quelle belle expérience! Étendre  le ressenti plus loin que ce que ton corps terrestre t’a appris, ouvrir une porte subtile, communiquer autrement. Toutes ces sensations sont précieuses. Elles appartiennent à ceux qui les expérimentent, pas à ceux et celles qui les jugent.

Nos envolé.e.s sont dans le vent qui fait bruisser les feuilles d’un arbre, dans une chanson à la radio qui nous coupe soudainement la respiration, dans une odeur au détour d’une rue, dans les cartes d’un oracle, dans la chaleur ressentie au creux de la main lorsque tu te couches, dans les regards sincères, dans tes intuitions, dans la photo retrouvée au milieu d’un livre, dans ce carton jamais ouvert et que tu vas ouvrir le jour où tu avais besoin d’un signe, dans les murmures de tes rêves, dans le cœur de ceux et celles qui ressentent au lieu de penser.

De toi à moi :

Je te souhaite une grande liberté dans l’expression de tes émotions et dans le choix de tes actions.
En étant présent.e à chaque parole, chaque geste et en accueillant tes ressentis, tu ne peux pas faire fausse route.

 

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